Le 7ème et dernier rapport missionnaire est parti !

Bonjour à tous,
Ce fût une semaine bien remplie !

Tout d'abord, je viens de recevoir mon billet d'avion pour mon retour en France : ce sera le dimanche 10 août 2008.
En outre, lundi dernier, j'ai enfin pu terminer la rédaction de mon 7ème et dernier rapport missionnaire. Beau travail, mes chers parrains le recevront bientôt dans leurs boîtes aux lettres et vous-mêmes pourrez le télécharger en ligne dès juillet. Patience...

Le week-end dernier ayant été complètement consacré à la rédaction de mon rapport, je m'apprête à accueillir pour ce week-end, un frère de la Communauté de l'Emmanuel de passage à Manille. De bons moments en perspectives...

Hier au soir, j'ai enfin eu une Big Night (la première depuis février !). Je vous confie dans votre prière la petite Gisèle (17 ans) qui me confiait qu'elle fêterait aujourd'hui, le 6 juin, l'anniversaire de décès de son premier bébé, mort à deux mois en 2007 pour cause de maladie pulmonaire. Que la paix du Seigneur l'habite et réconforte son coeur de cette jeune mère et que son petit ange intercède au Ciel pour lui venir en aide.

Pour les photos, de mon précédent week-end à Bolinao, au coeur du typhon, je ne puis hélas vous les mettre en ligne. Mon appareil photo est en panne et ces photos-ci ne sont donc pas les miennes. En plus, il se produit le même effet que lorsque vous prenez des photos à la montagne : on perd l'impression de relief. Voir les vagues que nous avons subies ne vous servira pas à grand chose puisque les photos perdent toute notion de la force de ces flots déchaînés... Enfin, comme lot de consolation, voici ci-dessous une photo qui peut vous aider à apprécier la force du vent.

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Le 7ème et dernier rapport missionnaire est parti !
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# Posté le vendredi 06 juin 2008 01:36
Modifié le mardi 10 juin 2008 06:29

En deux mots...

En deux mots...
Très rapidement, voici quelques nouvelles...

Le week-end dernier, avec le Père Mathieu, aumônier de la Fondation, nous avons passé un très beau samedi après-midi à la Smokey Mountain pour préparer plusieurs dizaines de famille (pendant plus de cinq heures) au baptême de 193 enfants ! Essayez d'imaginer, c'est gigantesque ! Tous les baptêmes seront demain matin, en la fête de la Visitation, et plusieurs prêtres viendront aider le Père Mathieu pour cette célébration sacramentelle...

Pour ma part, je viens d'avoir une très grosse semaine car c'est la fin de mois avec tous les achats d'épicerie pour le mois prochain et en plus, j'avais un chauffeur/livreur en moins. Je me suis donc payer les 8 heures de tournées complètes tous les jours, de lundi à jeudi, avec à chaque fois des tonnes (et ce n'est pas une hyperbole) de nourriture à livrer... Enfin, fatigué, je ne veux pas me plaindre car ce fut une vraie joie de pouvoir voir tous les enfants chaque jour (surtout qu'ils sont encore en vacances jusqu'au 10 juin).

Voici, ci-joint, une photo prise la semaine dernière à la Smokey.

Bonne fête du Sacré Coeur de Jésus !
Et pour demain, bonne fête de la Visitation !
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# Posté le vendredi 30 mai 2008 06:36
Modifié le lundi 02 juin 2008 05:31

Un week-end EXTRA-ordinaire!

Un week-end EXTRA-ordinaire!
Nous qui recherchions de l'aventure, nous avons été servis !
Tout d'abord, je vous demande pardon pour mes longs silences mais je pense que dorénavant je vais continuer sur ce rythme : 1 article toutes les 2 semaines. D'ailleurs, comme lorsque tout va bien on ne sait que dire ("rien de nouveau sous le ciel bleu"), laissez-moi donc vous parler du temps, du climat, puisque c'est une question au c½ur de l'actualité de ma mission...

Week-end de Pentecôte
Commençons par le week-end de la Pentecôte... Pour bien me préparer à accueillir l'Esprit-Saint, j'avais décidé de me faire un petit « week-end désert », comprenez un week-end de retraite en silence mais seul et sans enseignements. Et pour changer un peu de mon habitude de me rendre au sanctuaire d'Antipolo, j'avais résolu de sortir de Manille et de me rendre dans le petit village de Nasugbu (cf. carte ci-contre) au Sud-Ouest de la capitale. Prenant le bus le samedi matin à 3.00am, j'ai eu la joie d'apprécier une belle journée de prière, calme et paisible, dans la petite église du XVIème siècle (on se demande même comment elle a survécu aux siècles) ainsi que quelques brasses dans la mer de Chine. Le soir, un orage s'est rapidement déclaré avec des vents particulièrement forts et surtout des éclairs non-stop. Confortablement logé dans une petite chambre d'hôtel de province, c'est-à-dire très rustique mais indépendant, je tombe rapidement dans les bras de Morphée, le réveil précédent étant déjà loin.
Et soudain, à 2.00am, je suis réveillé par quelques gouttes d'eau qui me tombent sur le front. Habitué aux fuites dans ma propre maison, je déplace tout simplement le lit de quelques centimètres et me rendors... Une demi-heure plus tard, c'est le déluge : il pleut dans ma chambre comme si j'étais à l'extérieur. Etant au rez-de-chaussée de cette maison de 2 étages, je sors et découvre la réalité : un typhon de force 2 est en train de s'abattre sur la côte. Mon hôtel n'a plus de toit et ça fait déjà plus d'une heure que tout le monde aide à écoper dans les étages supérieurs. Mais, avec mes boules "quies" pour dormir malgré l'orage, je n'avais rien entendu !
Vous imaginez facilement comment fut le reste de ma nuit... Trempé jusqu'aux os, nous avons écopé pendant plusieurs heures tandis que quelques hardis philippins essayaient de remettre en place les tôles envolées du toit. En définitive, ce fut plusieurs dizaines de maisons qui furent détruites et je n'ai pu compter le nombre de toits envolés, sans parler des arbres arrachés et des voitures sinistrées... Rassemblant mes affaires immergées, je n'ai eu d'autre choix que de courir vers la société de bus pour essayer, à force de grosses négociations, d'avoir ma place dans un bus de retour sur Manille. Finalement, après un long voyage bien arrosé, je fus heureux de rentrer sain et sauf à Manille à 2 heures de l'après-midi pour pouvoir aller à la célébration de la Pentecôte à 3 heures avec quelques enfants de la Fondation.
Pour un week-end "désert", ce fut plutôt agité mais je vous rassure, le Seigneur et l'Esprit-Saint ont quand même ½uvré en profondeur !

Semaine du 12 au 16 Mai
Dans mon précédent rapport missionnaire (le n° 6 – téléchargeable sur http://olivier-manille.blog4ever.com), je vous disais que les mois de mai et juin sont les plus redoutés de l'année à cause de leurs fortes chaleurs. J'AI TOUT FAUX ! Enfin pour cette année 2008... L'été étant arrivé bien tard (fin mars), nous avons eu un mois d'avril plutôt bien tempéré avec quelques journées de canicules mais sans la grosse humidité bien pesante qui nous avait tant fait suer l'année dernière. Et voilà le mois de mai... C'est dingue, mais en fait la saison des pluies a déjà commencé avec deux mois d'avance ! Ainsi, cette semaine du 12 au 16 fut très pluvieuse. Les inondations sont nombreuses car les différents affluents qui traversent Manille débordent et l'ensemble des égouts de la capitale sont bouchés par les ordures. En pleine préparation de notre week-end entre volontaires, nous étions fort inquiets de telles conditions météos et près à annuler. Finalement, nous avions convenu de décider le jeudi soir à 9h, lorsque Freddy et ses amis philippins devaient venir à la maison.

Le week-end du 16 au 18 Mai
Comment le définir ?
Extra ! Super ! Génial ! Miraculeux ! Providentiel ! Terrible ! Inattendu ! Abandonné ! Exceptionnel ! Vivre sans projet ! Etc. La liste peut être encore très longue et vous verrez que chacun de ces termes définis un aspect de ces trois jours EXTRA-ORDINAIRES ! Nous cherchions de l'aventure, nous avons été servis. Laissez-moi à présent vous le raconter...
Jeudi 15, 10.30pm à la maison. Enfin arrivés, nous accueillons Freddy et ses deux amis philippins (Martel & Mac-Mac). Mauvaise nouvelle : un typhon passe en ce moment le long des côtes Pacifique des Philippines (à l'Est) mettant fortement en péril notre projet n°1 de voyage à Balesin Island (cf. carte ci-dessus). Bonne nouvelle : Freddy, plein de ressources, a une autre proposition : monter dans le Nord-Ouest visiter un autre paradis philippin surnommer « Hundred Islands ». Ainsi, c'est décidé. Projet n°2 : nous prendrons le bus à 4.00am, direction la ville d'Alaminos, port principal d'accès aux îles. Là-bas, nous louerons un bateau (avec son pilote) pour trois jours et nous voguerons d'île en île, campant là où il nous plaira.
3.00am : le réveil sonne, dur dur de se lever ! Rejoignant Gaston et Elvire sur une avenue proche, nous voici tous réunis près à partir : Blanche (volontaire MEP et comptable de la Fondation TNK), Gaston et Elvire (volontaires Fidesco et responsable informatique/infirmière à TNK), Freddy (membre de la communauté de l'Emmanuel et ami philippin), Martel & Mac-Mac (amis de la paroisse de Freddy) et enfin moi-même (volontaire Fidesco et responsable des achats alimentaires à TNK). Prenant un transport en commun, nous nous rendons au Sud de Manille pour rejoindre Jérôme (un autre ami philippin, professeur de français) et prendre le bus en direction d'Alaminos. 5.05am : Jérôme arrive enfin et nous fonçons vers le Terminal de la société de bus. Trop tard, il vient de partir à 5.00am ! Ce n'est pas grave, le suivant est à 6.00am. Heureusement que nous devions partir tôt ! Décidant communément de nous en remettre au Seigneur, nous avons juste le temps de prier un chapelet. Montant finalement dans le bus, biens serrés avec tous nos sacs (tentes et ustensiles de camping compris), il est 6.45am lorsque nous repassons à côté de la maison. Vive le levé à 3.00am ! Quoi qu'il arrive, de bonne humeur, nous sombrons peu à peu dans les bras de Morphée. Je vous passe les chaos de la route, la radio tonitruante et les nombreux arrêts, et nous voici arrivés à Alaminos, il est Midi !
De nouveau, comme lors de notre précédent week-end pour faire les moissons de riz, Freddy nous surprend par ses qualités d'organisation. Nous venons de décider la veille de venir aux « Hundred Islands » et voici qu'il a déjà tout organisé. A peine descendu du bus, nous sautons dans un tricycle (ou plutôt deux) pour nous rendre à la Cathédrale d'Alaminos où nous attend le vicaire épiscopal ainsi que la s½ur religieuse, responsable de la pastorale des jeunes pour le diocèse. Bien accueillis, ventres creux, nous laissons nos sacs en dépôt dans les bureaux paroissiaux afin d'aller prendre un petit fast-food philippin "Jollibee" (le concurrent principal de Mac-Donalds, comme Quick en Belgique). Rassasiés, petit temps d'adoration puis de sieste, la s½ur nous emmène dans sa voiture privé (vive la disponibilité et la richesse de l'accueille philippin pour les touristes que nous sommes !) au port afin de prendre le bateau pour les « Hundred Islands ». Nouvelle déception : les autorités portuaires interdisent toute « over-night » sur les îles (soit pas de camping). Dépités, nous formons un Projet n°3 : nous restons à Alaminos pour la soirée et ne prendrons le bateau que tôt le lendemain pour visiter ces fameuses îles que nous apercevons à l'horizon, fondues dans les noirs nuages qui nous apportent la pluie et l'orage. De retour au presbytère, un des prêtres de la cathédrale se démène pour nous trouver une solution d'accueil pour la nuit. Finalement, nous avons trois propositions : Aïe, notre nombre de projets va fortement augmenter ! Entre la nuit de camping sur une île proche et privée dans un resort mis gratuitement à notre disposition, la nuit chez une paroissienne qui nous accueille gratuitement dans son resort sur une plage paridisiaque à deux heures de route d'Alaminos et enfin le logement dans le séminaire du diocèse, actuellement vide grâce aux vacances scolaires (jusqu'au 1er juin), c'est pour cette dernière solution que nous optons, bien décidés à embarquer tôt le lendemain matin. Faisant quelques courses, de quoi acheter notre nourriture pour trois jours, c'est cette fois dans le bus privé du séminaire, mis gracieusement à notre disposition avec son chauffeur, que nous nous rendons dans notre lieu d'hébergement pour la nuit.
Plutôt isolé, en race campagne, nous découvrons ce vaste bâtiment perdu au beau milieu de rizières et de vergers de manguiers. 5 minutes plus tard, nous voyons arriver le supérieur du séminaire, accompagné de la cuisinière qu'il a gentiment invitée à venir nous nourrir. Effarant, nous sommes profondément touchés par cet accueil généreux et sans limite ! Comble de bonheur, il y a un piano en état dans le réfectoire...
Passant sur les détails de la belle soirée à jouer au UNO, un succulent repas philippin royalement achevé par la dégustation des mangues fraîches du jardin et le confort des chambres individuelles au lieu de nos petites tentes igloos, nous en arrivons au lever du samedi matin.
Voyant combien la Divine Providence guide notre petite virée, nous convenons silencieusement de ne plus faire de projets et de se laisser guider. Première étape principale de la journée, la plus importante, vivre la messe dans la belle et grande chapelle du séminaire à 6.30am. Puis petit déjeuner et rangement des affaires. Montant dans le bus du séminaire, nous décidons de retourner à Alaminos pour savoir quel est le verdict des autorités portuaires. Le supérieur en profite pour nous réinviter d'avance pour le soir si rien ne se conclu... Super !
Arrivés au presbytère jouxtant la cathédrale, nous retrouvons la s½ur qui nous apprends que tout est bouclé : un typhon se dirige doit sur nous ! Peu inquiets, nous patientons quelques temps (en fait 1h30) pour voir ce que le Seigneur nous prépare entre les mains de ces philippins très accueillants. Fixés : nous partons pour Bolinao, petite ville à 2h30 au Nord-Ouest d'Alaminos, pour aller dans ce resort qu'on nous avait proposer la veille. Nouvelle surprise : la fille de la propriétaire, étant dans son dernier week-end de vacances, accepte de venir nous chercher et de nous transporter gracieusement jusqu'à son resort (cf. la carte ci-dessus, à la pointe au Nord-Ouest). Le voyage fut serré (à dix dans un 4x4 avec nos bagages et la nourriture pour deux jours !) et long, mais surtout très venté, le temps se dégradant "à vitesse grand V". Perdus au fin fond de la province, après un dédale de chemins et de pistes plus ou moins accidentés, nous débouchons sur une petite maison récente, plantée là à 50 mètres de la mer, au milieu de prés et de plantations de palmiers. Malgré le ciel noir : c'est féerique ! Et encore, le comité d'accueil est présent : un couple voisin est venu préparer les chambres et mettre en route la pompe à eau ! Pas de chance, l'électricité est déjà coupée dans ce secteur et nous n'aurons donc pas d'eau non plus pour nous laver. Heureusement, nous avions prévu le coup et c'est avec nos deux bidons de 5 gallons chacun que nous devrons nous rationner pour nous abreuver, faire la cuisine et nous laver... Epique ! Vive l'aventure à la Robinson !
Le vent soufflant en de très fortes rafales, il pleut maintenant à torrent. Ayant dépassé déjà le simple stade de "tempête tropicale", nous sommes à présent au c½ur de tornades. La mer est déchaînée et les vagues sont immenses (à vue d'½il, 3 à 4 mètres). Téméraires, nous nous jetons à l'eau. Protégés des grosses lames par de belles falaises encadrant notre plage, nous n'avons pas eu plus de cinq mètres à avancer pour pouvoir profiter, de manière à peu près sécurisée, des gros rouleaux s'abattant sur cette plage de sable blanc et fin. Entre l'eau glacée tombant du ciel et l'eau chaude (au moins 25°c) de la mer, nous sommes restés ainsi un long moment, comme des enfants, à jouer dans l'eau.
De retour à la maisonnette, la s½ur et la fille de la propriétaire ont repris la voiture pour rentrer chez elles, promettant de venir nous chercher le lendemain matin à 8h pour aller visiter un phare à la pointe puis revenir à Alaminos pour vivre la messe de 5.00pm à la cathédrale, en la fête de la Sainte Trinité, avant de rentrer sur Manille. De nouveau un projet qui ne serra jamais accompli !
La nuit venant vite, accentuée par le ciel noir de nuages, nous mangeons à la bougie (encore une inspiration que la Providence m'avait donnée avant de partir de Manille...) S'ensuivi une super soirée UNO, plein de joie de ces moments partagés et d'éclats de rire, chacun essayant plus ou moins bien de distinguer le vert du bleu. Pendant ce temps, la tempête est devenue un ouragan qui rugit et déjà quelques palmiers se couchent ou se déracinent aux alentours. Fatigués, couchés tôt de part la nuit noire, nous nous endormons tant bien que mal dans ce brouhaha des éléments extérieurs déchaînés. 10pm, je me réveille trempé : eh oui ! Dormir à cinq dans une chambre en devant maintenir les fenêtres closes ... et puis en plus, je dors sur un matelas au sol qui s'est imbibé d'eau car la fenêtre a de mauvaises jointures qui suintent. Ah non ! Ca ne va pas recommencer comme le week-end de la Pentecôte précédent ! Finalement, en bougeant un peu, je réussi à dormir un petit peu.
Dimanche matin, 5.00am : Jérôme, en bon philippin, se lève comme d'habitude pour aller cuisiner le petit-déjeuner (riz et poisson séché). Me levant plus tard, je découvre un ciel pluvieux mais avec des nuages hauts et surtout une petite brise légère. Petit-déj' englouti, nous fonçons sur la plage pour profiter de nouveau des vagues dont la taille est encore fort honorable. A 8.00am, aucune voiture ne pointe son nez. 9.00am : toujours personne. 10.00am : sans réseau pour les téléphones portables qui, de toute façon, n'ont plus de batteries, nous retournons à l'eau. 11.30am : à court de nourriture, certains vont chercher quelques aliments dans les pauvres fermes alentours pendant que je me rends, avec Blanche et Martel, au phare sur la pointe du cap. Pendant cette petite ballade sympathique, le soleil pointe son nez puis le ciel bleu. Tout de suite, la température monte et nous suffoquons presque sous la forte humidité due à l'évaporation du sol tellement imbibé. 12.30am : toujours personne, on mange. 1.00am : Freddy réussi à chopper un brin de réseau et reçoit un SMS : « la route est coupée et les dégâts sont graves au séminaire ». Inquiets, nous décidons de fermer la maison et de partir à pied avec nos sacs sur le dos pour aller chercher un tricycle sur la route.
Arrivés vers 2.00am au village de Bolinao, nous avons découvert avec trouble les premiers ravages du typhons de la nuit passée : toits arrachés, barrières envolées, maisons endommagées, champs inondés, rupture des lignes électriques et poteaux renversés, route coupée en de multiples endroits par les arbres couchés, etc. A Bolinao, toutes les sociétés de bus ont fermé boutique et aucun bus ne veut s'aventurer sur les routes dévastées. Les fils de voyageurs s'allongent tandis que les résidents essaient autant que possible de nettoyer leurs rues nappées de sable, de feuilles et de branches. Finalement, Jérôme et Mac-Mac réussissent à nous trouver un minibus, enfin un Toyota Grand Voyager d'une capacité de 12 places bien serrées. Ce fut la ruée ! Et c'est dans un immense rire collectif que nous sommes partis à l'aventure sur les routes saccagées en direction d'Alaminos. Nombre total de passagers : 19 !

ET LA... le sourire a quitté nos visages ! Comblés de bonheur par les trois jours extraordinaires que nous venons de vivre, c'est le triste spectacle de la province anéantie qui nous a ramené à la terrible réalité. Regarder sur la carte ci-dessus, vous verrez en ligne discontinue par où est passé l'épicentre du cyclone. En fait, la Providence nous a de nouveau protégés puisqu'elle nous a éloigné à 2h30 du point d'impact le pire du cyclone. Dans la maisonnette de la pointe de Bolinao, nous n'avons subi que la queue du typhon, le c½ur ayant ravagé les villes d'Alaminos, Dagupan et Baguio ("Baguio" qui veut justement dire "typhon" en philippin). Cette belle petite ville que nous avions quittée la veille n'est plus que ruines : toutes les enseignes des commerces sont tombées (même l'immense enseigne de Jollibee, couchée en travers de la rue principale), la majorité des arbres sont couchés, arrachés ou en lambeaux, les maisons en dur n'ont plus de toit mais toutes les autres en bois ou en bambous n'existent plus que sous la forme d'un vaste tas étendu sur plusieurs centaines de mètres. Les tôles des toits jonchent partout le sol et l'ensemble des installations électriques sont déracinées. La belle cathédrale est dévastée : la coupole s'étant en partie envolée, l'ouverture béante a laissé libre court à l'ouragan pour faire voler toute chose à l'intérieur (débris et pluies torrentielles). Et le séminaire... Sans y être allés, le supérieur nous a expliqué les dégâts. Sur les 5 étages, la totalité des vitres ont été soufflées, il n'y a plus de toit, la grande chapelle n'existe plus ainsi que le terrain extérieur de basket qui est devenu une mare, l'antenne de relais radio sur le toit se trouve maintenant à plus de 600 mètres dans un pré voisin et le beau verge de manguiers est saccagé (le temps de replanter, ils n'auront plus de mangues avant 5 ou 6 années). Je pourrai encore en écrire des pages mais je préfère en rester là. Vous imaginez sûrement le tableau et l'ampleur du désastre : maintenant vous le noircissez et le portez à l'excès de l'horreur et vous aurez peut-être une entrevue de la terrible réalité...
Pendant la messe de 5.00pm, dans une cathédrale à peu près nettoyée par les bonnes volontés qui ont préférées généreusement remettre la Maison de Dieu en état avant la leur, le prêtre, sans micro, rendit grâce à Dieu pour sa protection et réchauffa les c½urs par ses paroles.
De même qu'à Bolinao, les sociétés de bus étaient fermées et seulement deux bus furent affrétés pour gagner la capitale de nuit. Je ne vais pas trop en rajouter, mais de nouveau la Providence nous procura des places et à 7.30pm, nous entrions dans un bus en direction de Manille. Ensuite, ce fut plus de 250 km de routes dévastées où, dans le noir car les dégâts électriques ne pourront être réparés avant cinq jours, nous avons pu distinguer les horreurs effroyables du passage du typhon. Finalement, ce fut à 2.30am que nous arrivâmes avec Blanche à la maison, rendant grâce au Seigneur pour sa protection, la grandeur de l'accueil des philippins et Lui confiant toutes ces personnes maintenant dans la misère.

Ce matin, lundi 19, le journal annonce la mort de 8 personnes pendant le passage du typhon et des centaines de blessés et de sans-abri. Sur une échelle de 5, il ne fut pourtant que de force 3 ! C'est avec tout de même une grande joie dans le c½ur d'avoir vécu un tel week-end, une telle expérience, que j'ai retrouvé mes fournisseurs sur les marchés et les enfants de la Fondation pendant mes livraisons.

Ce mail fut long et dans un langage très parlé, mais je pense qu'il vous aidera à vivre un petit peu l'intensité de tels événements.

Ma mission à présent continue... Tout en faisant mon travail, j'essaie d'aider un peu Hugues dans ses achats des uniformes, pour tous les enfants, pour la rentrée des classes du 1er juin.
Jeudi prochain nous fêterons les Graduations des enfants de la Smokey Mountain et le samedi 31 Mai, le Père Matthieu, aumônier de la Fondation, aura la joie de baptiser 193 enfants de la Smokey.

Vous remerciant pour votre attention et votre fidélité,
A bientôt sur le Net (avec quelques photos).
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# Posté le lundi 19 mai 2008 08:49

Une semaine déjà !

Une semaine déjà !
Chers tous,

Une semaine déjà ! Une semaine que je suis rentré du Summer Camp s'est déjà écoulée et je n'ai pas pris encore le temps de mettre mon blog à jour ! PARDON pour mon retard !

Cependant, elle fut belle et bien remplie cette semaine ! Entre les grosses journées d'achats d'épicerie (pour le mois prochain), la recherche de nouveaux fournisseurs de riz pour faire face à la crise alimentaire actuelle qui nous frappe de plein fouet, les transferts des ¾ des enfants du Drop'In dans les divers Centres de la Fondation, la rédaction de quelques articles pour divers revues ... et enfin un peu de repos, je n'ai vraiment pas eu le temps de m'ennuyer.
Le Summer Camp a été de nouveau une expérience extraordinaire : 10 jours de camp d'été avec les 350 enfants du programme des enfants des rues de notre Fondation, ce n'est pas rien ! Enfin, désolé, mais je réserve les détails de ce super camp pour mon prochain rapport missionnaire... D'ailleurs, à ce propos, n'hésitez pas à télécharger les 6 premiers sur mon blog principal : http://olivier-manille.blog4ever.com

JE SUIS HEUREUX DANS MA MISSION et LE SEIGNEUR ME COMBLE !

Mi-mai, nous prévoyons un petit week-end entre volontaires, avec Freddy et quelques amis philippins sur une petite île déserte au Sud Est de l'île de Luzon, dans le Pacifique. Très sauvage, nous devrons tout apporter : tentes, nourriture, vaisselles, etc. Super ! De nouveau de l'aventure en perspective avec de nouvelles découvertes touristiques...

Enfin, je ne vous oublie nullement et demeure uni à vous fidèlement dans mon temps de prière quotidien. En cette dernière montée vers le feu de la Pentecôte, que le Seigneur emplisse nos c½urs du désir de la sainteté missionnaire.

A bientôt sur le Net !
# Posté le vendredi 02 mai 2008 05:32

Le "Rapport Missionnaire n°6" est en ligne !

Le "Rapport Missionnaire n°6" est en ligne !
Désolé, je délaisse quelque peu ce blog depuis le début de l'année 2008. C'est que le travail ne manque pas !

Mercredi prochain, tous les enfants du "programme pour enfants des rues" partent pour 10 jours de Camp d'Ete (comme l'année dernière) et bien sûr nous les accompagnerons. Pendant ces 10 jours, ça ne sera pas de tout repos pour moi puisque chaque matin je devrai me lever à 4h30 pour aller sur les marchés pour acheter les produits frais nécessaires aux repas du jour. Dur dur ! Un tel camp demande donc un gros travail de préparation en amont (un sacré casse-tête même !) et ça fait donc déjà plus d'un mois que je suis plongé à 100% dans ce labeur.

Et à côté, l'évolution des prix sur les marchés ne me laisse pas chômer. Avec une famine qui pointe son nez à l'horizon, une inflation énorme dûe à plusieurs épidémies : le riz et l'huile manquent, le porc a doublé son prix au kilo depuis janvier et le pain fait de même. Avec les tonnes de viande et de riz que nous consommons chaque semaine, vous comprenez donc facilement combien il est nécessaire que je suive tout cela de très près...

Je ne me plains pas, au contraire, absorbé par ce travail passionnant de la recherche des meilleurs prix pour une qualité optimale, je passe la plupart de mon temps sur les marchés, au coeur de la vie Philippine.

Enfin, juste avant de partir, je vous mets en ligne mon rapport missionnaire n°6 sur mon blog d'origine. Voici le lien : http://olivier-manille.blog4ever.com

Bonne lecture à vous tous et RDV au mois de Mai !
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# Posté le jeudi 10 avril 2008 23:02