La cerise sur le Gateau !

La cerise sur le Gateau !
Il est deja jeudi et j'ai enfin un peu de temps pour vous raconter mon debut de semaine !!!

Lundi
Apres une longue et belle journee d'achats, je suis parti du bureau en milieu d'apres-midi pour traverser la ville et me rendre dans le quartier riche de Malate (en bord de mer) en reponse a l'invitation de l'ambassade pour vivre la fete du 14 juillet.
Blanche n'etant plus qu'a deux semaines de son depart (le 27), elle etait deja prise par ses premieres "despedidas" (= soirees d'adieux). Hugues etant en France, je n'avais plus que Gaston et Elvire pour m'accompagner mais comme Elvire devait elle-meme traverser la ville pour revenir du bidonville, ils m'ont rejoint que bien plus tard. Ainsi, a 18h, c'est tout seul que je me suis presente a l'entree de l'immense tente abritant la soiree de gala, plantee dans un jardin d'un palace hotel. Je vous rassure, la solitude ne fut pas longue : a peine ai-je eu le temps de prendre une premiere coupe de champagne et quelqu'un m'accostait deja ! En fait, c'est un Pere jesuite de l'universite de l'Ateneo (la ou loge et enseignait le Pere Thomas, directeur de la Fondation TNK) qui s'est doute que j'etais missionnaire. Eivdemment, avec ma croix tranchant sur ma chemisette, ma tenue etait tres differente du costume/cravatte normalement impose a l'entree...
Discours, musique, danses et surtout un bon buffet "a la francaise" avec des charcuteries et un peu de fromage puis une bonne table de desserts, la soiree fut finalement tres sympathique.
Et voila "la cerise sur le gateau" : en accostant d'autres volontaires MEP et Point-Coeur, j'ai decouvert (ou plutot elle m'a decouvert) une jeune fille membre de la Communaute de l'Emmanuel qui est actuellement en mission courte duree (4 mois) dans le bidonville de Navotas. Heureux de nous rencontrer, nous avons d'ailleurs rendus grace ensemble au Seigneur en prenant un petit temps de priere au beau milieu de la tente !
Bref, j'espere que nous pourrons nous revoir pour partager un peu nos riches experiences avant mon propre depart...

Mardi
Hugues etant rentre en France vendredi dernier, je me dois de prendre en main l'ensemble des achats de la Fondation : alimentaires plus maintenant le materiel. J'ai donc eu une rude journee de labeur dans nos Stockrooms pour tout trier, ranger et nettoyer (helas, il faudra encore pas mal d'energie !).

Mercredi
Depuis 1h du matin, je ne dors plus : un nouveau typhon s'abat sur la ville et je ne cesse de vider mes cuvettes et bouteilles qui se remplissent inlassablement sous les nombreuses fuites de mon toit. De nouveau inonde, je commence a etre las de ces aleas ! Enfin, je me prepare psychologiquement : la journee sera rude...
A 6h30 sur le marche pour acheter les fruits et legumes de la semaine (environ 1,5 tonne), sous un deluge assomant, nous revenons au Drop'In pour repartir la nourriture pour les livraisons. 8h30, les camions sont enfin prets, nous partons, Blanche et moi-meme, dans l'un deux. Objectif : s'arreter en route au Bureau de l'Immigration pour faire nos "Clearance" (document officiel pour nous autoriser a quitter le territoire).
Pour faire les 10 km necessaire, il nous a fallu 3 longues heures. Le fleuve deborde dans Manille et c'est la ville entiere qui est inondee, les principales arteres etant noyees sous 10 a 20 centimetres d'eau. Vous pouvez imaginer les bouchons ou, encore plus, la catastrophe pour toutes les familles sinistrees (les pauvres etant bien sur le plus cruellement touches).
A bureau de l'immigration, nous remplissons quelques paperasses, donnons des photos puis nos empreintes (a l'ancienne, avec les mains trempees dans l'encre !). Surpris, nous n'avons qu'une "Express Fee" a payer de 500 pesos (environ 8 euros) et pas plus. Cool !
Devenant revenir 4 heures plus tard pour recuperer notre certificat, nous decidons d'aller faire quelques achats dans la Chinatown de Manille ("Divisoria" pour les habitues de mes rapports et de ce blog). Sous une pluie battante, ce fut une veritable expedition. Mais bon, je passe...
De retour a l'immigration, nous decouvrons que nos dossiers sont juste montes de deux etages mais qu'ils n'ont pas ete touches. Heureusement, la Providence nous aide ! Avec ma croix ressortant sur ma chemise, l'officier de l'immigration me prends pour un pretre ("Father!") et gere immediatement nos dossiers. Dix minutes plus tard, apres quelques signatures a differents etages et aupres de differentes personnes, nous avons enfin nos "Clearance".
En soiree, nous nous rendons au Centre des filles de la Fondation (relativement proche, a Intramuros) pour vivre la "despedida" de Blanche. Ce fut une tres belle fete...
De retour sans inquietude a 21h, je n'ai pas traine pour me coucher !

Jeudi (aujourd'hui)
Une journee de detente (mais pas de repos...) : nous etions en Outside Activity a la piscine avec les enfants du Drop'In.
De retour au bureau, nous apprenons par le Pere Thomas que Hugues met fin a son contrat et ne reviendra pas. Coup dur, nous allons devoir nous organiser pour le remplacer (surtout apres mon depart du 10 aout, car il n'y aura alors plus d'acheteur !).

Bon, j'ai sommeil alors bonne journee a vous et @+
En union de priere
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# Posté le jeudi 17 juillet 2008 06:07
Modifié le jeudi 17 juillet 2008 06:55

Rapport Missionnaire n°7 (suite - 10) - BREVES DE LA VIE PHILIPPINE...

Rapport Missionnaire n°7 (suite - 10) - BREVES DE LA VIE PHILIPPINE…
La vie entre volontaires : un défi au quotidien

Qui oserait défendre que la vie en groupe ou en communauté est quelque chose de simple et évident ? Regardons nos propres cellules familiales et les trésors d'attention et d'amour que doivent dépenser les parents avec leurs enfants pour maintenir l'âme de leur foyer dans la paix et l'unité. Et alors c'est encore bien plus le cas lorsque nous nous retrouvons à cohabiter pour une longue période avec d'autres volontaires que nous n'avons pas choisis. Venant d'horizons différents, chacun ayant une compréhension de son appel missionnaire propre, n'ayant pas fait forcément les mêmes choix de vie ou n'ayant pas les mêmes engagements dans la vie spirituelle ou sociale, la vie et la bonne entente entre volontaires est un vrai challenge qu'il s'agit de relever chaque jour si on ne veut pas demeurer des étrangers les uns pour les autres et faire sa "petite vie de volontaire" chacun de son côté.
Ici, à TNK, chacun ayant une soirée de la semaine prise par une Big Night, étant sur divers lieux dans les différents programmes de la Fondation, logeant dans trois maisons différentes, il fut difficile pour nous d'arriver à créer des temps gratuits, ensemble, hors du cadre du travail. Je l'avoue : nous avons hélas échoué pendant une bonne partie de ma mission. Mais de tout temps une chose était sûre : le Seigneur nous voulait ici et ensemble. Ainsi, depuis août 2007, nous avons pris le rythme de prier ensemble en début de semaine pour confier nos divers engagements et les enfants. Les fruits ne se sont pas fait attendre ! Grâce notamment à Freddy, nous avons multiplié les sorties et activités ensemble (moissons du riz, Semaine Sainte, visite du pays, sport, etc.) et aujourd'hui, c'est avec joie que je peux dire que nous sommes proches les uns des autres et unis. M'aidant à mieux vivre ma solitude, ma mission se termine donc en apothéose !

A quoi reconnaît-on que je suis heureux ?

Si vous cherchez à voir une joie exubérante, vous faites fausse route ! A quoi reconnaît-on que nous sommes heureux dans notre mission ? Être paisible, souriant, motivé, volontaire et disponible sont bien sûr des signes probants mais, plus intensément, nous reconnaissons que nous sommes heureux à la joie qui nous habite car cette joie vient de Dieu. Joie ni passagère ni excitée, elle m'aura habité tout au long de ces deux ans de mission. Même dans les moments de lassitude, de baisse de moral ou de solitude, elle ne m'aura jamais quitté. Ancrée profondément, c'est nourrie quotidiennement par l'Eucharistie qu'elle réchauffait ainsi mon c½ur dans les moments d'épreuve. Et croyez-moi, ils fu-rent et sont encore nombreux ! Pourtant, ce sentiment de paix intérieure n'est pas pas-sager, il est fort de la présence vivante de Dieu, rayonnante dans chacun de ses enfants.
"Nous reconnaissons que nous sommes heureux dans le regard de l'autre", disait Richard Borgman. En effet, dans le mystère des relations humaines et fraternelles, quelqu'un qui est heureux répand le bonheur autour de lui et reçoit plus encore en retour. La joie vivante des enfants de la Fondation, resplendissante dans leur sourire et par leur reconnaissance si affectueusement exprimée, ou la joie des simples et bons moments passés entre volontaires ou avec mes fournisseurs dans mon travail, telle fut cette force incalculable qui me porta tout au long de ces deux années dans les moments les plus durs ou les meilleurs. Merci Seigneur !

A la rencontre de ...

Rolly
Ancien protégé de la Fondation, enfui depuis pas mal d'années du Drop'In, Rolly avait disparu des rues de Manille. Or voici qu'à la mi-février il fut ramené par des amis auprès du Père Matthieu dans sa paroisse d'Edsa Shrine. Gravement malade, Rolly ne tenait même pas debout ! Conduit immédiatement à l'hôpital, agonisant, il est resté ainsi alité pendant plus de deux semaines, veillé jour et nuit par des staffs
ou des volontaires de TNK. Que lui était-il arrivé ? La vérité est rude et difficile à formuler. En prison depuis trois ans pour une raison futile, il a été libéré et rejeté à la rue pour "aller mourir ailleurs" !
Guéri mystérieusement, aucun examen médical n'ayant pu nous dire quelle maladie cardiaque il a, Rolly est resté quelques temps au Drop'In pour reprendre des forces avant de repartir de nouveau dans la rue, courant mars. Aujourd'hui, après quelques semaines passées à vendre des cigarettes aux feux rouges devant Edsa Shrine, il a de nouveau disparu...

Insolite mais philippin !

Les combats de coqs
Un combat de coqs dure six minutes... Six minutes pendant lesquelles la mort d'un des deux combattants ne tient qu'à un fil. Face à face, prêts à en découdre, ils ont été préparés au combat. Le sang coulera donc, vite et peu... Et les combats d'une après-midi s'enchaîneront les uns après les autres, dans un rituel codifié, sous les yeux d'hommes friands dont le verbe s'emballera dans des paris ininterrompus avec lesquels il est possible d'arrondir les fins de mois et de se faire un nom.
Eperon d'acier attaché à l'ergot scié, ces combats sont bien sûr inter-dits par la loi, quoique cela n'a pas empêché des championnats du monde en avril dernier dans les arènes de Manille ! De toute façon, baignant de sang, les vaincus finissent bien souvent baignant de vin dans les marmites...

Conclusion : Un beau parcours...

... qui ne fait que commencer !
Deux années, qu'est-ce que c'est dans une vie ? Pas grand-chose... Mais ces deux années-ci resteront gravées à tout jamais dans mon c½ur et ma mémoire. « Marqué », ce sont mes cinq sens et mon être tout entier qui auront été ainsi trans-formés, voire même formatés, à la lumière de ma mission. Les fruits vont probablement se révéler sur de longues années mais j'en vois déjà tellement que je ne peux que rendre grâce à Dieu.
Et pourtant ma mission n'est pas finie, elle ne fait que commencer : je me dois maintenant de rendre témoignage et de continuer de porter chacun de ces enfants dans la prière. Pour vous de même, ce n'est pas parce que je rentre que votre mission prend fin : la Fondation TNK est toujours là et il y a encore et encore de nouveaux volontaires Fidesco qui partent en mission. Eux aussi auront grand besoin d'être soutenu. Merci d'avance pour eux. Merci infiniment et à très bientôt en France.
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# Posté le samedi 12 juillet 2008 03:53

Coup dur et Intentions de priere

Entre deux articles mon 7eme rapport, voici quelques nouvelles...

Le compte-a-rebours a bel et bien commence et je suis actuellement en pleine forme mais un peu trouble entre la joie de bientot en France et en meme temps la tristesse de quitter les enfants ! Enfin, je sais que c'est le lot de tout volontaire en fin de mission...

Je vous confie aujourd'hui une intention de priere : PRIEZ POUR HUGUES ! Hugues, c'est l'autre acheteur qui travaille avec moi (responsable du materiel) : il ne va pas bien du tout puisqu'il deprime et qu'il vient de rompre son contrat de Volontaire de Solidarite Internationale. Il rentre ce soir en France et ne reviendra probablement pas ! C'est tres dur pour lui car cet echec dans son insertion et son travail ne sont pas faciles a vivre. C'est aussi un choc et un vrai probleme pour la Fondation car ce n'est vraiment pas le bon moment (y-en-a-t-il vraiment un ?). A ce jour, apres mon depart du 10 aout, nous n'aurons plus d'acheteur a TNK. Ainsi, d'ici-la, nous devons trouver une solution a cette situation quelque peu catastrophique : il nous faut trouver quelqu'un, qu'il faudra former pour assurer le travail des deux acheteurs jusqu'a l'arriver de nos successeurs (seulement en octobre !).
Confiant en la Providence, le Seigneur va surement nous trouver une solution optimale pour servir ses enfants. Priez pour nous, nous en avons grand besoin.

Autrement, ce matin je suis alle me ballader a l'autre bout de la ville dans le quartier des affaires de Makati (2h30 de transports !) pour aller chercher des invitations pour la soiree festive du 14 juillet organisee par l'ambassade de France. Me voila de retour pour vous ecrire ce petit article et ce soir, nous avons avec Blanche, nos premiers invites pour la serie des repas et fetes d'adieux ("despedidas").

Bonne fin de semaine et @+
# Posté le vendredi 11 juillet 2008 00:28

Rapport Missionnaire n°7 (suite - 9) - VIVRE LA MISSION AU FIL DES JOURS

 Rapport Missionnaire n°7 (suite - 9) - VIVRE LA MISSION AU FIL DES JOURS
Livre d'Or
Extraits de certains de vos mails de soutien... Merci !

« Félicitations pour ton courage à écrire : je mesure en effet l'effort que ça te demande, mais dans le cas de la mission la fidélité est à ce prix-là, et je suis sûr que tu en tires une force certaine, quelques soient les sentiments que tu puisses éprouver. » (Hubert_Août 2007)

« ...bref on se raconte Manille. Je leur donne l'adresse de ton blog. A la fin du repas, [un frère] rend grâce et propose qu'on prie tout spécialement pour toi... Voilà c'est tout simple mais c'est cela le partage. » (Claire_Septembre 2007)

« Je tiens à vous remercier de nous faire connaître directement et pratiquement en instan-tané, la vie d'un missionnaire si différente de la nôtre ici en Europe. J'ai ressenti, en vous lisant, cette "petite joie simple" et je me suis senti avec vous dans cette "aventure humaine hors du commun" qu'est votre vie. Missionnaire partout... Je reste en union de prière. » (Gisèle_Novembre 2007)

« Cela faisait un petit moment que je n'étais pas allée faire un tour sur ton blog...
La chose que je fais le plus fidèlement, c'est encore de prier pour toi... c'est aussi ce qu'il y a de plus utile ! » (Aude_Décembre 2007)

« Ton rapport nous a tous les deux secoués. Comme tu le dis à la fois quelle tristesse et aussi quelle joie peuvent émaner de ces regards d'enfants. Et tu dis que quand tu vas dans la montagne fumante tu es dans la joie. C'est bien le message de l'enfant de la crèche qui s'est d'abord tourné vers les plus pauvres.» (Claire_Janvier 2008)

« Tu écris que Richard à Noël se demandait pourquoi ses parents l'ont abandonné et pas toi ? Cela m'a fait pensé au psaume "mon père et ma mère m'abandonnent mais toi Seigneur tu ne m'abandonnes pas !" Ta présence à elle seule est un témoignage de cet amour de Dieu pour eux.» (Jean-Claude_Mars 2008)

« Je suis avec beaucoup d'intérêt, d'étonnement et d'avidité vos aventures dans ce pays un peu mystérieux, qui n'a pas l'air de correspondre à ce que je connais de l'Asie. Votre mission est pleine d'enseignements ; d'abord sur les capacités de votre génération à se mobiliser et à le faire dans le contexte de notre foi, souvent si tiède telle que nous la vivons ou la voyons vivre. Ici on a parfois tendance à perdre le sens du sacré, alors que "chez vous", on le vit avec une forme de naturel. [...] Je mets quelques bouteilles de côté pour arroser votre retour. »
(Marcel_Avril 08)


Le Summer Camp 2008

Etant dans la période des vacances scolaires, nous avons eu la joie dernièrement d'accompagner les enfants pour vivre le grand camp d'été de la Fondation, du 16 au 25 avril. Ce furent 10 jours exceptionnels ! 10 jours c'est bien long et j'aurai bien du mal à vous les narrer chronologiquement alors je choisis de prendre quelques thèmes dans le désordre...

QUI ? OU ?
Mise à part une quinzaine de garçons qui sont restés à Manille pour cause de punition suite à de nombreuses fautes de leur part (Et oui, on ne rigole pas avec le règlement intérieur !), le Summer Camp est une expédition importante qui regroupe l'ensemble des enfants du programme des enfants des rues de la Fondation, accompagnés des staffs de chaque Centre et des volontaires. De même que l'année dernière, nous nous sommes rendus en province dans un resort au Sud de Manille, situé à proximité de la petite ville de Lemery. Lieu idéal pour ce type de camp avec des enfants, ayant un accès direct sur la mer, l'endroit est un ensemble de petites cahutes en bambou dans lesquelles s'installent les différents Centres.

L'ORGANISATION
Vous vous en doutez, un tel camp requiert une organisation bien réglée. Pour la définir en trois mots : elle fut remarquable ! J'avais entendu beaucoup de critiques sur le « foutoir organisé” (pardon pour l'expression) des philippins. J'en avais moi-même déjà fait la malheureuse expérience. Mais là, ce camp est à l'opposé de toutes ces médisances ! Européens, remontez vos manches ! Malgré tous les camps que j'ai moi-même vécus, les sessions ou activités que j'avais organisées, ce Summer Camp est presque hors concours : tout est pensé dans le moindre détail. Avec une coordination de l'ensemble des staffs impressionnante, chacun savait ce qu'il devait faire au moment où ça devait être fait.

MON TRAVAIL
Le Summer Camp, c'est aussi pour moi les dix jours les plus difficiles et les plus chargés de l'année car, tous ces enfants, il faut les nourrir bien sûr ! Levé à 4h30, messe à 5h, je partais chaque matin au marché à 5h30 avec cinq enfants venant pour aider à porter la nourriture. Viande, poisson, pain, oeufs, fruits et légumes, ce sont tous ces produits frais que je devais acheter en fonction du menu du jour. Heureusement, l'expérience de l'année dernière me fit gagner beaucoup de temps cette année et éviter pas mal d'erreurs. Et finalement, je peux dire honorablement : « Mission accomplie ! » sans avoir eu trop d'encombres. Quelle étrange émotion ce fut pour moi de retrouver fidèlement des fournisseurs que j'avais connus ... l'année précédente !

LES BAIGNADES & ACTIVITES
Avec la beauté des plages philippines, au sable fin et blanc, les deux temps de baignades par jour étaient toujours les bienvenus. Pas facile de sur-veiller autant d'enfants qui se baignent, mais le Seigneur veille avec nous et cette année encore, nous n'avons eu heureusement aucun incident à déplorer! C'est aussi un temps particulier de jeux avec les enfants. Pour les plus grands, le but était bien sûr de couler les volontaires ; pour les plus jeunes, jeux d'eau et cours de natation ont été bien appréciés.
Rythmant les journées, les activités furent nombreuses. Ayant pour but, au-delà de la détente, d'aider les enfants à développer leurs propres talents, une fois de plus les staffs ont redoublé d'ingéniosité pour présenter une palette de jeux très créative. Olympiades, jeux de sable, concours de cerf-volant, danse, et de nombreux petits jeux tel le tir à la corde, ramper dans le sable ou la balle au prisonnier. La grande différence, c'est qu'avec des enfants issus de la rue, ils ne se plaignent jamais ! Que vous les fassiez se jeter dans l'eau pour ensuite se traîner dans le sable, qu'ils attendent une heure debout parce que la préparation d'un jeu a un peu de retard, qu'ils doivent se salir, se cogner ou s'égratigner en jouant, jamais vous n'entendrez une plainte venir de leur part. Toujours heureux, jamais blasés, c'est le sourire qui domine et c'est le sourire qui aura illuminé tout ce Summer Camp.

EPILOGUE
En fin de compte, le bruit, l'inconfort, la chaleur ou la fatigue, toutes ces épreuves n'auront pas eu le maître mot. Ce sont bien plus la joie et le bonheur de tous ces bons moments partagés avec les enfants et les staffs qui remportent incontestablement la palme de cette édition 2008. Dans tous les cas, c'est ce qui restera gravé dans ma mémoire et mon c½ur.
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# Posté le mercredi 09 juillet 2008 06:09

Rapport Missionnaire n°7 (suite - 8) - VIVRE LA MISSION AU FIL DES JOURS

 Rapport Missionnaire n°7 (suite - 8) - VIVRE LA MISSION AU FIL DES JOURS
Photo : Edwin & Angelo, au Residential Home 1.

Coup de projecteur

Le sourire des enfants
Le sourire, ce petit mouvement léger de la bouche qui fait passer un visage de ténèbre à lumière, quelle force il aura été pour moi dans cette mission ! Un sourire nous repose quand nous sommes fatigués, nous encourage quand nous sommes déprimés, nous réconforte quand nous sommes tristes et nous aide à combattre tous nos soucis. Or ici, aux Philippines, c'est « le pays aux mille sourires » !
Aussi loin que je cherche dans mes souvenirs, ma mémoire de missionnaire déborde de sourires, comblée à souhait. Du petit matin lors de mon arrivée au Drop'In, aux visages souriants sur les marchés pourtant marqués par la souffrance, sans oublier ces simples piétons inconnus qui nous sourient lorsque nous lescroisons à tout moment dans la rue.
Mais finalement, les sourires les plus beaux que je ramènerai gravés en mon c½ur, ce sont ceux des enfants de la Fondation. Force invincible et inépuisable, elle aura été mon leitmotiv quotidien pour demeurer joyeux et dans la paix. Bref, il me reste un seul mot d'ordre : "Cheese"!

Les Achats : Touchés de plein fouet par la crise...

Informés par les journaux français, vous êtes probablement au courant de la crise alimentaire internationale. Néanmoins, mis à part pour votre budget, vous ne devez pas trop la ressentir au quotidien. Ici, elle est synonyme d'assiettes vides et de ventres creux ! Pays sous-développé, les Philippines, comme tant d'autres pays pauvres, sont touchées de plein fouet par la crise mondiale. Depuis la fermeture des échanges commerciaux des pays asiatiques, chacun essayant de sauvegarder au mieux quelques réserves pour éviter la famine, l'Etat philippin n'arrive plus à faire face à la demande de son peuple. Rien que sur l'ensemble de mes achats, je constate une inflation de plus de 35% !
Aliment principal et indispensable de l'alimentation de base, la pénurie de riz frappe très fortement les foyers philippins. Nous-mêmes, dans la Fondation, nous n'avons pu faire face à la hausse soudaine et trop forte des prix. Imaginez : le prix au kilo est passé du simple au double en seulement un mois ! Pour faire face, nous avons dû rechercher une nouvelle source d'approvisionnement. C'est ainsi que maintenant, toutes les semaines, je dois me rendre à NFA (National Food Authority). Cet organisme d'Etat
vend du riz hors taxe à très bas prix. Cependant, à cause de l'administration lourde et corrompue, il me faut voir pas moins de sept employés, avec bien sûr une file d'attente entre chacun, pour seulement venir commander, payer le riz et fixer une date de livraison ! A cela s'ajoutent les manques épidémiques de viande (porc et poulet) et d'huile. Bref, ce trimestre-ci, je n'ai vraiment pas eu le temps de chômer et, hélas, il y a bien peu d'espoirs de voir la situation s'améliorer.
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# Posté le mercredi 09 juillet 2008 06:01